ACCORD-CADRE OEC-CI/FIPME
Signature d'un Accord-Cadre de partenariat entre la Fédération Ivoirienne des PME (FIPME) et l'Ordre des Expert Comptable de Cote d'Ivoire (OEC-CI) lors de la septième édition des Journées Nationales Promotionnelles des PME (JNPPME-A 2018).

La septième édition des Journées Nationales Promotionnelles des PME et de l’Artisanat (JNPPME A-2018) s’est tenue du 24 au 26 mai à Abidjan sous le thème : « Sous-traitance, cotraitance et commande publique : quels impacts sur le développement des PME ivoiriennes et la création d’emplois ? ». A la cérémonie d’ouverture de ces journées et en présence du ministre du Commerce, de l’Artisanat et de la Promotion des PME, Souleymane Diarrassouba, le président de l’Ordre des experts comptables de Côte d’Ivoire, M. KONE Drissa, et la Fédération ivoirienne des PME (FIPME), le docteur Joseph BOGUIFO, ont paraphé un accord-cadre de partenariat. Que contient cet accord-cadre et qu’est-ce qu’il va apporter aux PME d’une part et aux experts comptables d’autres part ? Entretien avec le Président de l’ordre des experts comptables de Côte d’Ivoire (OEC-CI), KONE Drissa.

  • Monsieur le Président, vous venez de parapher pour le compte de l’Ordre des Experts comptables de Côte d’Ivoire (OEC-CI) un accord-cadre avec la Fédération Ivoirienne des Petites et Moyennes Entreprises (FIPME). Que représentent les PME pour la côte d’Ivoire

Pr OEC-CI/KONE Drissa
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Il faut indiquer qu’un pays comme le nôtre a besoin de grandes entreprises et même de très grandes entreprises. Cela accroît sa visibilité et son attractivité.  Mais, si la côte d’ivoire veut s’assurer un développement durable et avoir une croissance beaucoup plus stable, elle est obligée de s’appuyer sur un tissu important de petites et moyennes entreprises nationales.  Parce que ce sont des vecteurs de croissance et des créateurs d’emploi en nombre et en importance. Mieux, elles permettent d’accroitre les ressources intérieures de l’Etat de manière beaucoup plus significative. Et comme elles sont plus nombreuses, les ressources le sont aussi, avec une pression fiscale générale qui ne peut que baisser ; donc plus faible pour l’ensemble des acteurs. En cela, avoir un tissu de moyennes et petites entreprises dynamiques, c’est indispensable.

  • Au vu de ce qui précède, peut-on savoir qu’elle est la contribution de l’expert-comptable ?

Pr OEC-CI/KONE Drissa :
Le Ministre du Commerce, de l’Artisanat et de la Promotion des PME l’a dit : « l’expert-Comptable est un compagnon de vie pour les entreprises ». Parce que l’expert-comptable, c’est d’abord un tiers de confiance ».  C’est un acteur dont la signature rassure les partenaires économiques et financiers de l’entreprise. L’expert -comptable est aussi un professionnel polyvalent qui apporte des conseils aux opérateurs économiques. Dans cette dynamique, il était important que ces deux types d’acteurs (entrepreneurs et experts-comptables) se rencontrent.

  • Que représente cet accord-cadre pour vous, président de l’Ordre des experts comptables, et pour les PME ?

Pr OEC-CI/KONE Drissa :
Pour l’expert-comptable, cet accord-cadre élargit le champ de compétence de ses activités, développant ainsi ses activités, donc sa profession.
Pour la petite et moyenne entreprise, cet accord-cadre lui permet de renforcer ses capacités en bénéficiant d’une formation, d’un accompagnement et d’un encadrement de la part des professionnels de la finance et de la gestion. Cet accord-cadre va donc permettre aux PME de pouvoir mieux s’organiser. Le Président de la FIPME, le Docteur Boguifo le disait, « la première cause des difficultés identifiées pour les PME est la gouvernance ». L’expert-comptable va donc aider la PME à mieux s’organiser tout en renforçant sa gouvernance, contribuant ainsi à garantir son développement.
Mieux, l’expert-comptable va également permettre à la PME d’améliorer la qualité de l’information financière dont elle dispose. Parce que c’est cette information qui permet aux dirigeants de piloter l’entreprise.  C’est cette même information qui permet à l’entreprise PME de décider, mais aussi et surtout d’aller vers des partenaires qui, en fonction de cette même information, décideront si oui ou non ils doivent faire affaire avec cette PME. En tout cas, cette information est importante pour le banquier qui y décèlera la capacité de remboursement de la PME qui serait financée. Cette information est aussi importante pour les clients et les partenaires qui veulent eux aussi savoir quelle est la capacité de la PME à répondre à leurs besoins, leur évitant ainsi des surprises désagréables en cas de réalisation de contrat.  Cette information financière est nécessaire à la PME pour nouer des partenariats. Elle est aussi importance pour solliciter la commande publique dans un contexte où l’on parle de plus en plus de cotraitance et sous-traitance.  En un mot, cette information financière fournit à la PME les moyens de sa compétitivité, donc de sa capacité à exporter. Relever le défi de la qualité de l’information, c’est permettre à la PME de grandir et d’assurer sa pérennité.  C’est ce qui va donner à la Côte d’ivoire un nombre important de champions nationaux tout aussi chers autant aux opérateurs économiques qu’aux autorités ivoiriennes.

  • Quels sont les deux points essentiels à mettre en relief dans cet accord-cadre ?

Pr OEC-CI/KONE Drissa :
Le premier point est celui qui va consister à aider les entreprises PME à améliorer leur fonctionnement. Nous pensons que cela est fondamental.
Le deuxième point va consister à amener la PME à améliorer la qualité de l’information qu’elle produit. Vu que cette information est essentielle pour ses prises de décision et les prises de décision de ses partenaires qui vont accepter ou non de l’accompagner dans son développement. Ce sont deux points essentiels, entre autres, qui figurent dans cet accord cadre et pour lesquels l’expert-comptable reste confortable dans l’exécution de cette plateforme de partenariat.

  • La direction générale des impôts, pour améliorer la qualité de l’information économique et financière qu’elle reçoit des opérateurs du secteur privé a, dans un communiqué, invité ceux-ci à faire viser leurs bilans respectifs par un expert-comptable. Avec cet accord-cadre qui va désormais lier la fédération des petites et moyennes entreprises (FIPME), donc les entreprises PME, et l’Ordre des experts comptables de Côte d’Ivoire, peut-on dire que les experts comptables deviennent les dépositaires de la qualité de l’information financière et économique en Côte d’Ivoire ?

Pr OEC-CI/KONE Drissa :
Il faut d’emblée faire une précision pour situer les choses dans leur contexte. Nous précisons que ce n’est pas la direction générale des impôts qui a décidé que les états financiers soient visés par les experts comptables. Cela sème nécessairement la confusion dans l’esprit des acteurs économiques. Il faut relever que c’est une décision de l’Etat de Côte d’Ivoire qui, elle-même, est une réponse à la directive de la Commission de l’Union Economique Monétaire Ouest-Africaine (UEMOA).
En effet, l’UEMOA a constaté que l’attractivité de nos pays était très faible parce que nos pays ne disposent pas toujours d’information financière de qualité. L’on a également relevé que le taux de bancarisation et l’accès aux financements étaient très faibles. Il fallait donc instaurer beaucoup de transparence dans les activités qui sont menées pour aider les dirigeants d’entreprise à prendre de bonnes décisions basées sur une information de qualité. C’est pour pouvoir s’assurer de la garantie de cette transparence, indispensable pour les partenaires de l’entreprise, que l’UEMOA a estimé nécessaire d’introduire un tiers de confiance, assermenté et bien formé, pour se prononcer sur ces différentes questions économiques et financières. Et le tiers de confiance dont la profession est exercée avec des normes professionnelles exigeantes et par excellence, c’est l’expert-comptable.
C’est dans cet objectif que le gouvernement a requis l’expert-comptable pour aider à améliorer la qualité de l’information financière et à mettre en confiance tous les partenaires. Naturellement cette décision du « VISA » positionne l’expert-comptable au cœur du développement économique d’un pays. Elle donne une responsabilité plus accrue pour aider les PME à prendre leur envol.
Enfin, lorsque les PME se développent, elles sont pourvoyeuses de pouvoir d’achat et d’emplois et créatrices de ressources internes pour l’économie et pour le pays.  Les PME sont des acteurs essentiels de développement. Par ricochet, les experts-comptables qui les accompagnent deviennent également des acteurs essentiels en tant que conseils et tiers de confiance.